Mon écriture

Au cours de ma jeunesse, j’ai écrit de très nombreux poèmes dont il ne reste presque rien. Peut-être qu’un jour, je publierai les survivants. Outre cet exercice plutôt banal, je ne me suis jamais senti l’âme d’un écrivain. Pas forcément très bon en français au cours de mes études, j’ai appris à maîtriser notre langue grâce à la FNSEA. Rapports, discours, notes de synthèse, exposés, tel était mon quotidien. Mais cela ne fabrique pas un écrivain, tout au plus cela forge-t-il un technicien de l’écrit. Pourtant, je suis devenu un nouvel auteur de romans policiers en 2005, suite à un défi lancé par mon fils Alexandre, à savoir lui « écrire un scénario ». Il a insisté un bon moment avant que je me décide.
Derrière l’écran de mon ordinateur, je me suis lancé, au hasard. Sans fil conducteur. Tout au plus, conduit par une inspiration appuyée sur le clonage humain, et les dérives sectaires du Temple solaire dans les années 1994 et 1995. Après une centaine de pages, mon fils a lu l’ébauche et son commentaire m’a obligé à constater qu’il s’agissait d’un livre et non d’un scénario. Piqué au vif, et porté par ses encouragements, j’ai voulu terminé cet ouvrage. Ce fut long et laborieux pour boucler cette première histoire, d’autant que j’y avais glissé de nombreux éléments intrigants qui restèrent sans résolution. 18 mois me furent nécessaires pour achever ce premier livre.
Une fois terminé, il me fallait des avis de lecteurs et bien sûr mon entourage et des amis furent sollicités. Le manuscrit est passé de mains en mains en recevant de nombreux encouragements. D’une manière générale, j’ai été poussé pour trouver un éditeur. Mes premières tentatives furent des échecs. En parallèle, j’ai recherché la caution d’un professionnel du monde de l’édition pour vérifier si les premiers avis n’étaient pas de simples gentillesses afin de ne pas me décevoir. Je l’obtenais au cours du mois de décembre 2006, en croisant l’un des anciens dirigeants de Larousse, retraité depuis quelque temps. Son commentaire fut surprenant : « Avec tes conneries, tu peux faire 100 000 ! » Il ajouta aussitôt qu’il y avait des défauts, des incohérences, des fautes, mais qu’il existait une trame intéressante et accrocheuse. Il m’encouragea alors à tenter d’un côté l’autoédition dont il me fournit les codes, la méthodologie, et me mit en relation avec des personnes indispensables comme l’imprimeur. De l’autre, il me donna une liste d’éditeurs qu’il me restait à contacter tandis qu’il ferait tout pour m’appuyer. Je fis 7 tentatives entre 2007 et 2013 qui se traduisirent par 7 échecs. Hors des sentiers battus, la probabilité se décrocher un contrat d’édition en France est plus que faible.

En 2007, je créais les « Editions Aleumar », nom composé à partir des prénoms de mes enfants, et publiais mon premier livre alors baptisé « un été trop tranquille ». Le virus de l’écriture commençait à m’habiter d’autant que je réussissais à vendre via internet et mon entourage ma première centaine de livres, m’obligeant ensuite à renouveler une impression. Les retours des lecteurs de cette époque furent souvent porteurs et positifs, et agissaient sur mon subconscient comme autant de petites piques d’encouragement.
En 2008, sortit « La fille aux sex-toys ». Certes, le titre était accrocheur mais plutôt perturbant pour un amateur de polars. J’inscrivais la trame dans ma région d’adoption en utilisant le site nucléaire du Tricastin comme enjeu pour une vengeance. Une nouvelle fois, le livre fut épuisé assez vite m’obligeant à effectuer un retirage.
En 2009, suivit « Joue et sèche tes larmes » que j’éditais d’entrée en 200 exemplaires. Une nouvelle fois, les commentaires furent souvent élogieux.
2010 fut ensuite l’année de la sortie de mon quatrième livre « Opération diamant noir ». Ce livre connut un démarrage étonnant dans la Drôme. Le diamant noir étant le surnom de la truffe, un fait divers fut malgré lui un élément déclencheur des ventes. Le livre parut 15 jours avant qu’une personne fût tuée, une nuit, dans une truffière. Bien qu’aucun lien n’existât entre le livre et cette affaire, le titre fit beaucoup d’effet et les ventes décollèrent très vite.
Enfin, en 2011, j’éditais « Les hommes qui voulaient la guerre ». Dernier livre de cette série qui opposait Matthieu Guillaume, mon héros de flic à Mikhaïl, un personnage inquiétant niché au cœur de l’ambassade de Russie. Je réussis encore une fois à écouler les 220 exemplaires édités sans difficulté. Ayant accroché les livres entre eux, en développant des histoires indépendantes, j’ai découvert très vite l’attrait de la série qui permet de fidéliser le lectorat et de faire évoluer les personnages au fil des romans.

Deux années passent. J’arrêtais provisoirement d’écrire pour me consacrer à la promotion, la vente des cinq premiers romans tout en recherchant activant un éditeur. Même si l’auto-édition fonctionne, c’est un gouffre question temps, et cette situation m’empêche d’écrire.
En mars 2013, après avoir reçu un septième avis négatif, mon épouse m’informa que le club France Loisirs organisait avec l’éditeur Nouvelles Plumes un concours Prix des lecteurs. La marraine du concours était Tatiana de Rosnay, elle-même lancée par le club, des années auparavant.

J’hésitais et me lançais. « Un été trop tranquille » était envoyé aux organisateurs du concours, le 26 mars 2013. Restait à attendre. Oh, ce ne fut pas très long. A peine trois mois. Jusqu’à cette belle annonce sous forme de texto, du 14 juin, tandis que j’attendais d’aller marier mon fils sur le parvis de ma mairie de Vincennes. J’ai conservé ce texto :

Bonjour,

Le verdict du comité de lecture Nouvelles Plumes est tombé. Vous avez été plébiscité.
Nous souhaitons vous éditer (Club France Loisirs puis librairie). Nous aimerions vous avoir au téléphone dès que possible pour vous parler du contrat (à compte d’éditeur) que nous aimerions vous envoyer et vous parler des prochaines étapes.
Dans l’attente de votre retour ou appel.

Dans un premier temps, j’ai cru à une blague. Mais un nom et un numéro de téléphone suivaient. Aussitôt, j’appelais et bientôt un rendez-vous était fixé. Je découvris alors que mon livre avait été sélectionné pour participer au Prix des Lecteurs. Un tirage initial de 8000 exemplaires m’était annoncé. Le rêve était en route.
Seul bémol, le titre fut changé. « Un été trop tranquille » avait été considéré comme trop « plat » et pas assez accrocheur. Le marketing passa par là et cinq titres me furent proposés. « Le silence des loups » me sembla être le titre le plus proche du texte par rapport aux autres et je le validais.
En septembre 2013, « Le Silence des loups » décrocha le Prix des lecteurs France Loisirs, en arrivant 1er sur 1200 manuscrits. Il s’est ensuite vendu à 93 763 exemplaires au club France Loisirs uniquement en 2013, en version papier, soit en moins de 3 mois. Bluffant! J’en étais le premier surpris. Depuis, le grand format est épuisé et a laissé la place au format Pocket, début 2015.

Entretemps, « Le Silence des loups » aura été acheté par 141 393 lecteurs, en grand format papier. Stupéfiant! Lorsque j’indiquais à France Loisirs et Nouvelles plumes que je disposais déjà de 5 manuscrits, aussitôt, ceux-ci furent convoités. Je leur transmis et très vite, le verdict tomba : « on continue la publication ».

Je signais alors un second puis un troisième et un quatrième contrat. Le dernier pour la série actuelle suivra après l’été 2015.
Mon second livre intitulé « La fille aux sex-toys » dut changer de titre. Il ne fallait pas décevoir les amateurs de littérature érotique et refroidir les amateurs de polars. Ce fut alors « Jeux fatals », titre qui convenait bien à l’histoire, trouvé par mon épouse.
« Joue et sèche tes larmes » et « Opération diamant noir » conservèrent leur titre initial. Ces deux derniers titres sont toujours en exploitation chez France Loisirs, en attendant une future distribution en librairie, hors du club.

2015 : Le sixième roman est prêt. Reste à le corriger, à le faire mûrir et lui donner un titre. Mais j’ai de l’avance par rapport au travail de mon éditeur. Je dois donc patienter, et je profite de cette situation, sans pression, pour me mettre à écrire un nouveau roman. Ce sera le septième.

2 comments on “Mon écriture”

  1. Bonjour,

    Nous sommes en presque Mars 2017 et toujours pas de tomes 5 et 6 ???
    On dit que plus longue est l’attente, plus le plaisir est au rendez-vous, mais là c’est vraiment très très long.
    J’adore vos romans, tant par l’écriture que par la qualité des intrigues.
    J’attends avec impatience la publication de ces 2 romans manquants et bien sur d’autres.

    Amicalement, une lectrice en « manque »……..

  2. Bonjour, je suis auteur de L’Institutrice de saint-Jean, publié par FLoisirs.. puis au 1er juin par le circuit des librairies et Nouvelles Plumes.
    A ce jour, aucune royaltie et une vente entre 17000 et 20000 exemplaires?
    On me demande d’être patient?
    Je trouve cela curieux!
    Bravo pour vos publications!
    jpr

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