Le jardin extraordinaire de Monsieur Albert

Elle était radieuse.

Sa robe de mariée lui allait comme un gant et jamais je n’avais vu autant de bonheur dans ses yeux. Ses cheveux mi-longs attachés en chignon arrondissaient son visage et l’illuminaient. A chaque fois que je la regardais, j’avais des frissons qui me parcouraient le corps. Je ne sais pas expliquer ce que je ressentais lorsqu’elle me lançait un regard. A chaque fois, une pointe de sensualité me chamboulait les tripes au point que je perdais tous mes moyens comme un gamin pris en flagrant délit d’une bêtise quelconque.

Il parait que j’étais amoureux. C’est ce que me racontaient les copains. J’étais un autre homme. Peut-être troublé, et certainement différent. C’est cela, j’étais amoureux et cette fille m’avait fait tourner la tête au point que je l’avais demandée en mariage. Rassurez-vous, j’étais consentant et au fond de moi-même, je n’attendais que ça. L’épouser et couler des jours heureux en sa compagnie ne pouvaient qu’être une aventure sympathique et agréable. Et franchement, j’étais convaincu d’avoir fait un excellent choix.

La journée était parfaite ainsi que la fête que nous avions organisée.

Pendant toute la soirée, la mariée faisait l’objet de toutes les attentions et je dois reconnaitre qu’elle m’échappait. Elle était au centre des discussions et les invités étaient heureux de l’accompagner en ce jour mémorable.

Au fond de moi, tandis que je la regardais discuter de table en table ou danser avec tel ou tel partenaire, je ressentais un volcan de désir m’envahir progressivement. De multiples images se bousculaient dans ma tête et j’avais du mal à imaginer ce que serait notre première nuit d’amoureux. Certes, nous nous connaissions, mais cet instant serait différent. Elle était devenue ma femme et une nouvelle vie s’ouvrait devant nous, avec toutes ses incertitudes et bien sûr, ses moments de bonheur. C’est cela, j’imaginais en fait l’inimaginable… Et chaque heure qui s’écoulait me rapprochait de cette minute au cours de laquelle je l’effeuillerai avec impatience et gourmandise.

Vint le moment fatidique.

Lorsque nous nous retrouvèrent, seuls, dans cette grande chambre, une bouteille de champagne à la main, j’eus un moment de panique. Comment m’y prendre ? L’instant d’hésitation passé, je crois qu’elle s’est allongée sur le lit, les bras écartés et la chevelure étalée sur la couette, un peu comme une déesse attendant d’être conquise. Sa robe de mariée lui donnait l’aspect d’une nymphe désirable et malgré moi je devinais ses courbes qui ne me laissaient pas indifférent. Un désir puissant m’habitait, que je prenais soin de maitriser pour savourer ce moment de pure extase. Elle m’a regardé en affichant un grand sourire. J’étais certain que ce sourire trahissait un bonheur sans équivalent et je suis convaincu qu’elle espérait cet instant avec peut-être une petite pointe d’anxiété. Je restais debout à l’observer, ma bouteille ballante contre ma cuisse, un verre vide dans la main droite, et je lui souriais. Nous n’avions pas prononcé une seule parole et je ne crois pas que les mots fussent nécessaires. Une complicité nous reliait et il n’est pas impossible qu’une certaine timidité empruntée nous bloquait. Elle me tendit une main plus pour me flatter que pour m’attirer. Posant la bouteille, je me saisis de ses doigts fins et les portaient à mes lèvres. Je les embrassais et peut-être par provocation, je lui mordillai les extrémités au niveau des ongles. Elle émit quelques petits jappements que je considérai comme une invitation à poursuivre. Je finis par me décider à ouvrir cette bouteille de champagne et je m’assis à ses côtés. Elle se redressa et ensemble nous trinquâmes à nous, notre bonheur et notre mariage.

Que demander de plus ?

Lorsque je posai mon verre vide, ma main s’approcha de son visage et lui effleura la joue pour l’inviter à un moment de tendresse. Son sourire se figea un peu et l’une de ses mains me saisit le bras et le serra avant de le masser, geste qui trahissait une évidente inquiétude. Malgré ma surprise, je poursuivis et ma main descendit le long de son cou jusqu’à atteindre le haut de sa robe et le sillon de sa poitrine. Elle frémit, j’en suis certain. Mes gestes restaient souples et délicats tandis qu’elle me dévorait des yeux. Sans contrainte ni retenue, nos lèvres se rejoignirent et nos bouches se croisèrent dans un moment de pur ravissement. Mon dos frissonnait de plaisir et je sentais monter en moi une onde de délice qui vidait mon cerveau et mon corps pour l’abandonner à la jouissance.

Lorsque ma main trouva le passage de…

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